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Un moment de partage et de découverte : cap sur la rando de juin des 4èmes

Comme chaque année, la rando de juin des quatrièmes permet de clôturer l'année scolaire.

Du 25 au 27 juin, c'est direction Sixt et Salvagny que Rachel, Théo, William, Alexandre, Yohan, Quentin, Guillaume et Charly, accompagnés de Philippe Munier et d'Axel Fraisse (enseignants d'EPS et de Biologie) se sont rendu.

Marche, baignade, cascade, Mont Blanc, nuit à la belle étoile ou presque, des chamois, un bouquetin, des marmottes ou encore même un renard...voici le récit de Philippe Munier, sur cette belle aventure que nos élèves ont pu partager.

"Départ ce mardi 25 juin à 8h30, direction Sixt avec un ravitaillement prévu pour dix sept ! C’est sûr, on n’aura pas faim…Nous sommes accueillis à Salvagny à 9h30 pour rencontrer nos amis à quatre pattes. Ce sont les élèves qui choisissent les ânes, ils prennent les plus costauds d’apparence ; Arthur, Lio, Maya et Caliméro vont nous accompagner pendant ces trois jours. Pendant ce temps, je charge au mieux les sacoches avec le ravito, les tentes et la popote en essayant d’équilibrer.

 

Ânes bâtés et chargés, c’est parti pour la première étape : Les Chalets de Sales. Environ cinq heures de marche et 1100 m de dénivelé. Au début, ça couine un peu…

-          C’est encore loin ?

-          Quand est-ce qu’on s’arrête ?

Première pause à la cascade du Rouget qui dépote comme jamais, pique nique un peu plus haut avec une belle bataille d’eau pour se rafraichir.

A partir du Lignon, fini la rigolade, la pente se redresse, le sentier est tout encombré de pierres qui roulent sous les chaussures…Mais la succession des cascades magnifiques fait oublier le mal aux mollets. Petite baignade dans une auge avant d’attaquer les dernières pentes et première galère mémorable. Pour traverser le torrent, il y a une passerelle en bois. Maya s’engage sans problème suivi par Lio. Caliméro échappe à notre contrôle et traverse à gué…Bon, OK…Mais Arthur refuse obstinément de traverser. Nous envisageons presque de le redescendre pour prendre un autre âne (ça aurait fait un sacré entraînement pour Axel !). Finalement, nous nous y mettons tous et nous portons littéralement Arthur sur la passerelle qu’il finit par franchir…Ouf !

Ensuite, ce n’est que du bonheur. La montagne « carte postale », torrents, fleurs, ciel bleu. Chaque détour de chemin apporte un nouveau paysage, une surprise. Là un bouquetin, ici une marmotte, là-haut le gypaète et toujours le mugissement fantastique des cascades qui déroulent leur écume. Le sentier est parfois aérien mais nos amis ont le pied sûr, les jeunes aussi, heureusement…Nous arrivons à Sales vers 18h00.

-          Quand est-ce qu’on mange monsieur ?

-          D’abord, il faut s’occuper des ânes, les soigner, puis trouver un endroit où planter ta tente et ensuite, venir faire à manger, toi.

-          Moi ?

-          Ben oui.

-          Je sais pas faire à manger moi !

-          Tu vas apprendre. Ce soir, c’est crêpes !

Petite discussion du registre permanent de ces randos – école de la vie – « Vous n’êtes pas là pour consommer mais pour partager ».

Veillée tous ensemble, partie de Yam sur une grosse pierre qui sert de table. Un énorme bouquetin traverse notre salon…Magie de la réserve de Sixt.

Repos ? Pas si vite ! C’est sans compter sur le renard qui a décidé de nous voler la poubelle. Ni la Croks d’Axel, ni les cris des jeunes ne le perturbent ! Moi, je m’étais assoupi, je croyais qu’ils faisaient les andouilles, passé 11h30, je gueule un coup, je sors la tête de ma tente et je tombe nez à nez sur la scène, finalement le renard abandonne la poubelle…

 

Le lendemain, après une nuit assez fraîche (tout au plus 10-12 d°), p’tit déj avant de monter au Dérochoir sans les sacs et sans les ânes. Les marmottes détalent de toutes parts, la neige est encore abondante, on fait gaffe aux lapiaz. Chouette photo de famille au sommet pour ceux qui n’ont pas abandonné en cours de route, avec le Mont Blanc en arrière plan. On redescend à toute vitesse en longues glissades sur le névé.

L’après midi de cette deuxième journée devait nous voir rejoindre le lac de Gers. Grosse montée dans l’ambiance engagée des contreforts de la gorge jusqu’au sommet de la combe des Foges et : padam…deuxième galère. Il y a trop de neige, j’estime que ça ne passe pas pour les ânes.

-        Bon les gars, je suis désolé mais il faut redescendre.

C’est là que les personnalités se révèlent, il y a les hargneux qui râlent contre l’organisation. Les taiseux qui subissent, les optimistes qui trouvent que c’était chouette de monter jusque là pour le paysage (en fait y’en a qu’une, c’est Rachel)…Pas facile tous les jours la montagne, c’est elle qui décide, il faut savoir renoncer.

On replante le bivouac à Sales. Au moins on n’aura pas chaud ! Nous avions oublié le renard. Cette fois, il est venu en plein jour nous piquer un gâteau offert gentiment par Nina. Alexandre et William le poursuivent, pieds nus, peine perdue…Cette nuit, il faut vraiment qu’on planque tout ! Pendant ce temps, les chamois descendent vers le plateau, nous nous régalons en les observant à la jumelle.

La deuxième nuit est bien plus calme et agréable, du coup, retour vers la vallée par les cascades pour le troisième jour. Qui dit retour par les cascades dit torrent, passerelle. Qui dit passerelle dit Arthur…On se regarde avec Axel…Eh m… !

C’est rigolo, à la descente, les jeunes nous demandent si on est venu par là, comme quoi, les paysages changent énormément selon qu’on monte le nez dans les godasses ou qu’on descend en sifflotant !

Rebelote comme prévu avec Arthur, mais on a la technique maintenant !

La fin, c’est retour vers Salvagny, la civilisation, les voitures, la chaleur, Lio qui décide de rentrer toute seule, les souvenirs qui s’organisent, qu’est-ce qu’on était bien là-haut !

L’année prochaine je ne fais plus de crêpes, je tente la Paëlla ! "